Arrivé dans la région Voironnaise avec la ferme intention de grappiller des sensations sur les hauteurs voisines, Philippe PECH n'avait pas que du matériel de montagne dans ses bagages. Il fallait aussi compter sur ses expériences de bricolo en tout genre et sur son travail d'assistant auprès de l'artiste de Metz, Bernard Fossen, sculpteur sur pierre.

Volontiers nomade, scrupuleusement sculpteur, abondamment déterminé, il parcourt son bonhomme de chemin avec peu d'attirance pour les trucs bâclés ou pour les situations figées. Contre vents et marées, plutôt contre vertiges et glisses, il se balade dans ses partis - pris artistiques avec un caractère quasi perfectionniste et un acharnement discret. Il s'attarde sur chacune des parcelles de ses sculptures avec obstination. Il les bichonne, leur donne du corps et de la sensualité. Presque une seconde matière. Il peaufine, s'attèle à la tâche pour mieux s'approprier la pièce sur laquelle il travaille. Un laborieux, assurément. Un entêté, peut – être.

Son passage aux Beaux Arts de Grenoble, l'a rapidement ramené vers l'épiderme, vers l'émotion, vers les racines. D'ailleurs au mot "racines", il y colle des évocations. Rien d'anodin à cela. En effet, jouer avec les racines, de châtaigner de surcroît, reste un témoignage de son attachement à faire partie de la communauté des hommes. Il est alors question de territoire, d'histoire, de résurgence du passé, de retour sur soi … pour mieux aller vers les autres. Comme par hasard, ses racines tiennent naturellement debout. Comme lui, bien posé sur le sol. Volontairement à l'abri d'une démarche conceptuelle, il vaque à extraire l'énergie du matériau, à dénuder la matière, pour la reconstituer et pour exalter ses apparences.

A l'image d'un magicien.

De plus, il œuvre, avec intransigeance et un tantinet provocateur. Car il donne l'impression de transformer ce qu'il conserve, finalement en état. Rugueuses et lisses, à l'état brut ou délicatement travaillées, ses sculptures suggèrent émoi et rigueur, enthousiasme, vibration et recueillement. Telle l'idée qu'il doit se faire de la vie.

 

 

                                                                                                     Maurice Jayet

                                                                                                         

 



 

 

“De blanc et de noir, les peintures de Maurice Jayet sont une façon de dire quelque chose.

Elles ont laissé la couleur au vestiaire. Elles ont dévêtu tout ce qui ne leur était pas essentiel à dire. Ce qu’elles sont se passe de mots, aussi bien que de vêtements. C’est au regard qu’elles parlent. Pas seulement. Avec cette façon d’être à vif, c’est toute la musculation du corps, tout le système de pensée et de vie qui est touché. Lorsque je les ai reçues, presque fraîches et vierges de tout discours, nous avons commencé cette histoire d’amour que l’on a avec une œuvre d’art”.

 

René Thibaud – éditeur - écrivain